RICHARME

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« La peinture est le cri de lumière, l’appel de ma nuit »

Colette Richarme (1904 Canton, Chine - Montpellier 1991).

Richarme a pratiquement traversé tout le XXe siècle, époque secouée par deux guerres mondiales mais aussi très riche tant par ses bouleversements littéraires que par ses révolutions picturales. 

Expositions

Née le 24 janvier 1904 à Canton, Colette Richarme a été marquée par une enfance singulière en Chine ; elle y fut initiée très tôt au dessin par sa mère.

Au décès de son père en 1913, la famille se replie à Lyon. Après la guerre et une adolescence passée en Savoie, Colette se marie à Albertville en 1926 avec Jean Boisseau, Chasseur Alpin. Sa mère, meurt la même année peu après Noël. En 1927 naît Janik, puis en 1929 Rose-marie qui décèdera dix-huit mois plus tard, et enfin Michèle en 1930. Colette fréquente alors un atelier à Chambéry.

De 1935 à 1937, elle est amenée à suivre son mari à Paris où elle peut aborder la peinture grâce à une fréquentation assidue des ateliers de la Grande Chaumière. Ce sont des années de formation auprès de Jean Darna, Charles Blanc, Met de Penninghen et Yves Brayer à la grande Chaumière où elle s’initie à l’huile. Chez ce dernier, elle se lie d’amitié avec Louise Bourgeois, alors massière de l’atelier.

C’est à Montpellier cependant que débute vraiment sa vie d’artiste, très vite orientée vers ses propres recherches. La vie matérielle est difficile mais la vie intellectuelle et artistique vivante grâce au passage de nombreux artistes réfugiés en zone libre comme Mayou, Louis-Charles Aymar, Boscian, Antcher, Roudneff, Guenoun… Colette dessine et peint des portraits, des nus. Première toile exposée au Salon des artistes Français en 1940. 

Elle y présente sa première exposition en 1941, suivie d’une deuxième en avril 1943, puis participation à l’exposition collective « L’art vivant en Languedoc-Roussillon » au musée Fabre en juin. Elle se passionne pour la poésie de Mallarmé réalisant des Équivalences picturales pour neuf de ses poèmes. En 1944, elle participe au musée Fabre à une exposition collective en mai puis en décembre à la première exposition de la Libération.

Elle écrit dans son journal : 1944 voit une naissance : la mienne dans l’Art. Elle signera désormais ses œuvres Richarme accompagné du monogramme CRB.

Son mari Jean revient de 5 ans de captivité en juin 1945. Tout en s’inscrivant dans la vie artistique régionale par une participation à de nombreuses expositions, elle reste néanmoins tournée vers Paris : l’exposition à la Galerie Bruno Bassano en 1955 inaugure des liens désormais réguliers avec la capitale (participations aux Salons, contacts avec la critique parisienne), liens qui nourriront le silence de son atelier languedocien. Acquisition en 1957 de la toile Inspiration sétoise par le Musée national d’art moderne de Paris. En 1958, un séjour en Bretagne va radicalement influencer sa peinture et son dessin. Au printemps 1959, elle entre au Salon des Indépendants.

Le mas de La Vignette où elle vivait avec ses filles est acheté par l’Etat pour construire le campus de l’université Paul Valéry. Colette et Jean recherchent une nouvelle demeure. La structure familiale se modifie : après des études de danse à Paris et un séjour aux Etats-Unis, Michèle revient à Montpellier cependant que Janik s’installe comme pédiatre à Antibes. Les expositions continuent, à Paris (Galerie 55, Galerie Duncan) et en province (Montpellier, Cannes, Céret, Valréas…).

1963-1968, nouvelle dynamique
Richarme emménage au clos Adrien qu’elle rebaptise Psalmodie. Elle dispose enfin d’un atelier et d’un jardin. En avril 1964 elle devient sociétaire du Salon des Indépendants et le restera jusqu’à la fin de sa vie. Période foisonnante tant sur le plan de la peinture que du dessin, rythmée par ses voyages réguliers à Paris pour exposer (Galerie Arlette Chabaud) 

Richarme devient l’un des peintres de la galerie Pierre Ducommun ; l’exposition de 1975 est l’une des plus brillantes de sa carrière et marque une période de création fructueuse. Malheureusement cette aventure se termine en 1977 avec sa fermeture brutale. Pour l’hommage qui est consacré à ce peintre au Salon des Indépendants, elle commence un travail sur Odilon Redon ; l’exposition Soulages au musée Fabre de Montpellier en 1975 sera pour elle le point de départ d’une recherche sur les Figures et Idéogrammes : « [Soulages] m’a donné la chiquenaude de départ. » Ces années sont endeuillées par la dégradation de l’état de santé de son mari qui décède en août 1977.

En 1979, sa toile Les tours est dans la grande salle au Salon des Indépendants. En 1980, elle entre officiellement à la Galerie Drouant, faubourg Saint-Honoré. En pleine maîtrise de son art, elle peut aborder avec jouissance le thème de la montagne, puis entreprendre dans le même esprit une grande série de marines.

A l’occasion de ses 80 ans, Robert Briatte lui offre, en hommage, la réalisation et la publication d’une plaquette, intitulée sobrement RICHARME, avec des textes de Max Rouquette, Jean-Louis Gourg et lui-même. Elle sera l’occasion de plusieurs interviews par des journalistes comme Elise Coscia (Agora) ou des écrivains. Malgré une fatigue grandissante elle continue à réaliser de nombreuses œuvres, sortes de méditations centrées sur le langage des lignes et le dialogue des couleurs. Elle sort moins mais reçoit ses amis, Bernard Derrieu, qui initiera l’inventaire, Régine Monod, le peintre Pierre Cayol … Elle demeure présente au salon des Indépendants. En 1986, elle est au nombre des peintres choisis par Bob Ter Schiphorst, pour son exposition photo sur le thème de La perplexité de l’artiste devant la toile blanche. C’est en 1987 que commence son association avec la Galerie Réno à Saint Gély-du-Fesc où elle sera régulièrement présentée, seule ou avec les autres artistes de la galerie.

A l’occasion de ses 80 ans, Robert Briatte lui offre, en hommage, la réalisation et la publication d’une plaquette, intitulée sobrement RICHARME, avec des textes de Max Rouquette, Jean-Louis Gourg et lui-même. Elle sera l’occasion de plusieurs interviews par des journalistes comme Elise Coscia (Agora) ou des écrivains. Malgré une fatigue grandissante elle continue à réaliser de nombreuses œuvres, sortes de méditations centrées sur le langage des lignes et le dialogue des couleurs. Elle sort moins mais reçoit ses amis, Bernard Derrieu, qui initiera l’inventaire, Régine Monod, le peintre Pierre Cayol … Elle demeure présente au salon des Indépendants. En 1986, elle est au nombre des peintres choisis par Bob Ter Schiphorst, pour son exposition photo sur le thème de La perplexité de l’artiste devant la toile blanche. C’est en 1987 que commence son association avec la Galerie Réno à Saint Gély-du-Fesc où elle sera régulièrement présentée, seule ou avec les autres artistes de la galerie.

Ses dernières années seront consacrées à la simplification des formes, au jeu des résonances de couleurs et à une réelle jouissance de la peinture.

Elle décède le 27 février 1991 à Montpellier.

 

source : https://www.richarme.fr/ Notices de dictionnaire : E. Bénézit, dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs. / Editions Gründ – Paris 1999/ E. Bénézit, dictionary of artists. Ed Gründ, Paris 2006 / P. Clerc, dictionnaire de biographie héraultaise, Ed Clerc 2006